
Plusieurs nuances de Wagner : musiques et art total à Béziers au tournant du XXe siècle
Cécile LEBLANC
Pr des Universités en Langue et Littérature françaises Sorbonne-Nouvelle, Directrice du Centre de Recherches sur les poétiques du XIXème siècle (CRP 19/ ED120).
La ville de Béziers et, dans ses environs, l’Abbaye de Fontfroide, ont connu, entre 1890 et 1914, une très intense activité musicale guidée par la modernité que représente alors le modèle wagnérien. Mais l’originalité de ces manifestations est qu’il s’agit non seulement de faire connaître Wagner, longtemps banni pour raisons politiques des salles d’opéras en France, mais également de prendre en compte l’avant-garde des artistes « wagnéristes », c’est-à-dire ceux qui promeuvent une musique française originale née de la réforme wagnérienne. La Chambre musicale et ses programmes ambitieux, l’orchestre du Théâtre des arènes pour le placement duquel on s’inspire du Festspielhaus de Bayreuth, le festival des arènes, surnommé le « Bayreuth français », et la conception synesthésique des rénovations entreprises à Fontfroide à partir de 1908, montrent à l’envi les propositions esthétiques majeures, différentes, voire antagonistes, qui ont fait de Béziers une exceptionnelle place forte de « l’art total ».


