Mot du Président

Discours du Président Jean-Louis Bruguès
l’occasion de l’inauguration de l’hôtel Bergé,
le 17 septembre 2022

Madame le Député,
Monsieur le Maire,

Servir. S’il fallait trouver le mot le plus juste pour désigner ce qui nous rassemble ce soir, ce serait sans doute celui-ci : servir. Parce que vos fonctions, Madame, Monsieur, ne trouvent leur justification que dans le service, celui de l’État et celui de la ville de Béziers et de son agglomération. Parce que la Société Archéologique, Scientifique et Littéraire de Béziers ne nourrit aucune autre ambition que celle de servir cette bonne ville de Béziers et l’ensemble du biterrois.

Elle le fait à sa manière, modeste et appliquée, toujours sérieuse. On ne parle peut-être pas beaucoup de ses travaux et de ses recherches, ce qui est bien dommage, car son service est essentiel pour une communauté humaine. Elle sert la mémoire. Qui perd sa mémoire, perd en même temps son identité et, par conséquent, toute capacité à affronter l’avenir. Il en va ainsi des personnes, nous le voyons avec beaucoup de nos aînés, hélas ; il en va tout aussi bien de nos sociétés, de nos nations.

La Société Archéologique, comme son nom l’indique, a voulu plonger dans les racines les plus anciennes de notre ville : vous en trouverez quelques illustrations dans notre exposition. Elle a cherché à conserver le souvenir des multiples péripéties qui ont affecté une histoire bi-millénaire, en créant le premier musée de Béziers. Elle s’efforce de rendre présente cette culture si singulière auprès de tout public curieux, par des conférences régulières tenues ici même ou au théâtre municipal, après l’avoir étudiée, cette culture, avec toute la rigueur scientifique requise – notre Bulletin en témoigne. Je suis heureux de confesser que nos travaux sont désormais connus et consultés dans toute la France et même à l’étranger.

Servir cette mémoire, l’étudier, la faire connaître pour la mieux faire aimer : c’est ici que le passé prépare l’avenir. Depuis quelque temps, notre Société a proposé sa compétence à une quinzaine de lycées. Quatre panneaux installés dans notre salon d’honneur rendent compte du travail que des élèves de première ont réalisé cette année. Nous avons aussi parlé de Mathilde Bellaud-Dessalles, une femme pionnière en son domaine, avec des élèves de neuf/dix ans, venant d’une école populaire. Il nous a semblé que dans cet immense défi qui consiste pour une génération à passer le relais à celles qui suivent, sans rien perdre, sans rien négliger, notre Société avait peut-être quelque chose à dire, un exemple à donner.

La Mairie de Béziers a compris l’importance de ce service : elle a consenti un effort considérable pour mettre au service de notre Société un hôtel magnifiquement restauré. Au nom de tous les membres de cette Société et en mon nom personnel, je tiens à vous exprimer, Monsieur le Maire, notre profonde gratitude. Vous avez permis que cette demeure si ancienne devienne un lieu-clé pour la culture de ce temps. Je n’oublie pas l’audace que vous avez manifestée, lorsque vous avez racheté le salon dit de musique qui est, en réalité, en France, l’unique reproduction à l’identique du salon que le roi Louis XV avait fait réaliser à Trianon pour Mme de Pompadour, mais aussi la salle de billard si caractéristique du XIXe siècle, qui se trouve en dessous, et encore ce que nos appelons la bibliothèque Bergasse. Grâce à vous, notre Société dispose d’un instrument qui fera l’envie des Sociétés voisines, tandis que Béziers ajoutera à ses fleurons l’un des plus beaux d’entre eux.

Qu’il me soit permis de remercier également :

  • Mme Élisabeth Pissarro, avec qui nous avons maintenu un échange constant ;
  • Les services techniques de la Mairie avec lesquels la coopération a été parfois rugueuse, mais toujours efficace, notre Architecte, M. Hugues Prat en sait quelque chose ;
  • Les musées qui nous ont beaucoup aidés dans le montage de l’exposition ;
  • M. Claude Robert et les anciennes Clarisses de Béziers, grâce à qui vous trouverez dans cette exposition des témoins remarquables de l’histoire et de la culture de notre ville ;
  • Tous les membres de notre Société dont beaucoup nous ont fait l’amitié d’être présents ce soir ;
  • Mes proches collaborateurs du Conseil, enfin, tandis que l’amitié me pousse à mentionner mes deux bras droits, si vous me permettez cette anomalie physiologique, Gilles Bancarel et Jacques Nougaret.